SORBONNE COMMUNICATION - Latest Blog Entries http://www.sorbonnecommunication.net/blog en-us Google expose les graphes sociaux... <p><a href="http://code.google.com/apis/socialgraph/docs/"><img alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5162868037843730386" src="http://bp0.blogger.com/_iU3j-t6tJPs/R6YxIFnkv9I/AAAAAAAAAR0/MUrRxxw-IXI/s400/the-web.png" /></a><br /> Le développement des réseaux sociaux, dont on avait parlé <a href="http://transid.blogspot.com/2008/01/portabilit-des-donnes-pourquoi.html">ici</a>, redonne un coup de jeune à la notion de &quot;graphe social&quot;.<br /><br /> Google propose une nouvelle fonction expérimentale permettant de visualiser le graphe social public d'un profil personnel, c'est à dire l'ensemble des &quot;contacts&quot; et des &quot;amis&quot; ayant un lien avec le premier...<br /><br /> Rien de bien grave puisque seules les informations publiques sont exposées et que les liens doivent être signalés par des &quot;balises&quot; comme <a href="http://gmpg.org/xfn/">XFN<img alt="" id="snap_com_shot_link_icon" src="http://i.ixnp.com/images/v3.15/t.gif" /></a> and <a href="http://www.foaf-project.org/">FOAF<img alt="" id="snap_com_shot_link_icon" src="http://i.ixnp.com/images/v3.15/t.gif" /></a>.<br /> Ceci dit la démo, faite sur le réseau social de Brad Fritzpatrick donne une <a href="http://socialgraph-resources.googlecode.com/svn/trunk/samples/findcontacts.html?q=bradfitz.com%0D%0A">idée<img alt="" id="snap_com_shot_link_icon" src="http://i.ixnp.com/images/v3.15/t.gif" /></a> de ce que cela pourrait donner à terme pour chacun d'entre nous. </p> Tue, 05 Feb 2008 10:30:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/15450/google-expose-les-graphes-sociaux /blog/entry/15450/google-expose-les-graphes-sociaux Google ne veut pas du rachat de Yahoo par Microsoft <h3>Google ne veut pas du rachat de Yahoo par Microsoft</h3><p>par <a href="http://www.ecrans.fr/_Sebastien-Delahaye_.html">Sébastien Delahaye</a></p><p>tags : <a href="http://www.ecrans.fr/+-economie-+.html">économie</a> , <a href="http://www.ecrans.fr/+-microsoft-+.html">microsoft</a> , <a href="http://www.ecrans.fr/+-google-+.html">google</a> , <a href="http://www.ecrans.fr/+-yahoo-+.html">yahoo</a></p><p><img alt="" height="300" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH300/arton3223-a1f33.jpg" width="450" /></p><p>Une performance sur la façade des bureaux de Microsoft, mercredi - PHOTO KEITH BEDFORD REUTERS</p><p><span id="intelliTXT">En lançant vendredi matin <a href="http://www.ecrans.fr/Seisme-sur-Internet-Microsoft,3152.html">une OPA sur le portail Internet Yahoo</a>, Microsoft a été à l&#8217;origine d&#8217;un gros séisme sur le web, dont les secousses continuent de se faire sentir. Dès vendredi, le conseil de surveillance de Yahoo, visiblement pas si ravi que ça de la proposition de Microsoft, a <a href="http://yhoo.client.shareholder.com/press/announcement.cfm">fait savoir</a> qu&#8217;il lui faudrait <em>«&#160;un certain temps pour examiner l&#8217;offre de rachat et toutes les conséquences qu&#8217;elle implique&#160;»</em>. Surtout, Yahoo semble tenté par l&#8217;idée d&#8217;une contre-proposition. Selon Reuters, qui cite des sources anonymes, la direction de Yahoo considèrerait que l&#8217;offre (qui proposait 31 dollars par action, soit une prime de 62% par rapport au cours l&#8217;action Yahoo avant l&#8217;offre) de Microsoft ne valoriserait pas suffisamment l&#8217;entreprise. En d&#8217;autres termes&#160;: Yahoo aimerait faire monter les enchères. Reuters indique que la direction de Yahoo aurait contacté plusieurs entreprises pour monter une offre concurrente. Et le site du <em>Wall Street Journal</em> <a href="http://online.wsj.com/article/SB120206856800138831.html?mod=hpp_us_whats_news">indique</a> qu&#8217;Eric Schmidt, le patron de Google, a téléphoné vendredi à son homologue de Yahoo, Jerry Yang, pour lui proposer son aide. Une aide dont on imagine mal la teneur&#160;: une offre de rachat émanant de Google aurait probablement peu de chances de passer le filtre des autorités de régulation de la concurrence.</span></p><p>A moins que le coup de main n&#8217;ait déjà débuté... Hier, en plein dimanche, Google a dégainé David Drummond, son principal conseiller juridique (également vice-président de l&#8217;entreprise), qui a publié <a href="http://googleblog.blogspot.com/2008/02/yahoo-and-future-of-internet.html">sur le blog de Google</a> un article partisan consacré au sujet. Drummond explique que l&#8217;offre de Microsoft pose des <em>«&#160;questions troublantes&#160;»</em>, estimant que l&#8217;avenir d&#8217;Internet est en jeu. <em>«&#160;Ce n&#8217;est pas qu&#8217;une simple transaction financière. Il s&#8217;agit ici de préserver l&#8217;un des principes fondamentaux d&#8217;Internet&#160;: l&#8217;ouverture et l&#8217;innovation.&#160;»</em> David Drummond accuse ensuite Microsoft de vouloir, comme auparavant pour les PC, <em>«&#160;exercer sur le net la même sorte d&#8217;influence illégale et malvenue&#160;»</em>. Et rappelle que <em>«&#160;Microsoft a souvent cherché à mettre en place des situations de monopoles propriétaires, qui lui ont servi à augmenter sa domination sur des marchés connexes.&#160;»</em> Drummond donne plusieurs exemples de rapprochements entre Microsoft et Yahoo que Google considère visiblement comme peu souhaitables&#160;: les portails web (Yahoo et MSN étant déjà leaders), mais aussi la messagerie instantanée et les webmails. David Drummond termine en laissant entendre que les autorités de régulation de la concurrence devraient s&#8217;intéresser à la possible fusion des deux géants. Que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, où sa période de surveillance pour abus de position dominante vient d&#8217;être allongée jusqu&#8217;à 2009, Microsoft est déjà bien gardé.</p><p>Le géant du logiciel n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas tardé à répondre à l&#8217;attaque de Google. Quelques heures plus tard, Brad Smith, conseiller juridique de l&#8217;entreprise de Seattle, répliquait par un <a href="http://www.microsoft.com/presspass/press/2008/feb08/02-03Statement.mspx?rss_fdn=Press%20Releases">communiqué</a>. <em>«&#160;Aujourd&#8217;hui, Google domine les marchés de la recherche et de la publicité sur le Web</em>, explique Smith. <em>Google récolte plus de 75&#160;% des revenus de la recherche sur le web dans le monde, et cette part continue d&#8217;augmenter. [...] Microsoft et Yahoo ensemble représentent environ 30% des parts de marché aux Etats-Unis, et 10% en Europe. La fusion entre Microsoft et Yahoo créera un marché plus compétitif, avec la création d&#8217;un numéro deux plus solide. Les alternatives ne peuvent mener qu&#8217;à un marché moins concurrentiel.&#160;»</em> Une défense qui peut se tenir, puisque Google domine aujourd&#8217;hui les secteurs les plus rentables du web.</p><p>Les arguments de Google soulignent cependant l&#8217;un des problèmes posés par l&#8217;OPA&#160;: la plupart des principaux services offerts par Yahoo et Microsoft sur le web sont en concurrence. Tous deux proposent des portails web, des services d&#8217;emails, de la messagerie instantanée, des blogs, de l&#8217;hébergement d&#8217;images, des services de stockage de favoris... Et le plan de Microsoft concernant tous ces sites reste très flou&#160;: le géant du logiciel a bien souligné la nécessité de réaliser des <em>«&#160;synergies&#160;»</em>, mais sans préciser dans quels domaines.</p> Tue, 05 Feb 2008 02:51:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/15391/google-ne-veut-pas-du-rachat-de-yahoo-par-microsoft /blog/entry/15391/google-ne-veut-pas-du-rachat-de-yahoo-par-microsoft Change mind <p><a href="http://www.changeminds.biz/">http://www.changeminds.biz/</a></p> Wed, 30 Jan 2008 05:19:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14473/change-mind /blog/entry/14473/change-mind delation <p><a href="http://www.delation-gouv.fr/">http://www.delation-gouv.fr/</a></p> Wed, 30 Jan 2008 05:18:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14472/delation- /blog/entry/14472/delation- Trust barometer 08 <p><a href="http://www.edelman.com/trust/2008/TrustBarometer08_FINAL.pdf" onclick="window.open(this.href);return false;" onkeypress="window.open(this.href);return false;">http://www.edelman.com/trust/2008/TrustBarometer08_FINAL.pdf</a></p> Tue, 29 Jan 2008 08:10:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14343/trust-barometer-08 /blog/entry/14343/trust-barometer-08 Quand les réseaux sociaux nous ramènent aux rites tribaux <p>Le 17/01/2008, par <a href="http://www.internetactu.net/author/jean-marc-manach/" title="Articles par Jean-Marc Manach">Jean-Marc Manach</a> | <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/17/quand-les-reseaux-sociaux-nous-ramenent-aux-rites-tribaux/#comments"> 7 commentaires</a> | 5,131 Views</p><div><p>Et si l&#8217;engouement pour les réseaux sociaux relevait des processus en vigueur dans les rituels tribaux ? C&#8217;est la thèse explorée dans le <a href="http://www.nytimes.com/2007/12/02/weekinreview/02wright.html?_r=1&amp;oref=slogin">New York Times</a> par <a href="http://www.alexwright.org/"> Alex Wright</a>, journaliste, écrivain et ancien &#8220;<em>architecte de l&#8217;information</em>&#8221; du NYT, de l&#8217;Internet Archive ou encore de Yahoo.</p><p>Tout comme le Web, l&#8217;oralité est en effet &#8220;<em>participative, interactive, collective et focalisée sur le présent</em>&#8220;. Tous deux visent également, selon Wright, à &#8220;<em>unir les gens et les groupes</em>&#8220;, et les communications électroniques (billets, commentaires, mails, SMS et autres messages &#8220;instantanés&#8221;) relèvent bien souvent plus de l&#8217;ordre de l&#8217;oralité que de dynamiques et processus propres à l&#8217;écrit.</p><p>Dans le même temps, les signes et symboles utilisés lors de ces échanges (avatars, smileys, vidéos et &#8220;blagues&#8221; envoyés par e-mail, widgets et gadgets envoyés sur Facebook, etc.) s&#8217;apparenteraient à des totems, ou encore à ces cadeaux (outils, verroterie, armes, symboles) qui, dans les cultures tribales, visent à se faire accepter par autrui, note <a href="http://www.fordham.edu/academics/colleges__graduate_s/graduate__profession/arts__sciences/gsas_academics/communication_and_me/faculty/dr_lance_state_5118.asp"> Lance Strate</a>, professeur de communication à l&#8217;université de Fordham, <a href="http://lancestrate.blogspot.com/"> blogueur</a>, <a href="http://www.myspace.com/lancestrate"> utilisateur</a> de MySpace, et cofondateur de l&#8217;<a href="http://www.media-ecology.org/">association d&#8217;écologie des médias</a>.</p><p>L&#8217;objet de cette discipline, <a href="http://www.media-ecology.org/media_ecology/"> défini</a> par <a href="http://www.neilpostman.org/"> Neil Postman</a>, critique et théoricien de la communication, est d&#8217;étudier la façon dont les médias affectent la perception, la compréhension, les sentiments et les valeurs humaines.</p><p><a href="http://www.ksu.edu/sasw/anthro/wesch.htm"> Michael Wesch</a>, qui se revendique lui aussi de l&#8217;écologie des médias, a décidé de se pencher sur les réseaux sociaux après avoir vécu 18 mois dans une tribu papoue en Mélanésie où il étudiait l&#8217;apparition de l&#8217;écriture. Evoquant dans le <em>New York Times</em> la notion d&#8217;identité, il dresse de même un parallèle entre les cultures tribales, où l&#8217;on est ce que les autres savent de vous, et Facebook, où l&#8217;&#8221;<em>on se définit par ses amis</em>&#8220;.</p><p>Alex Wright relève toutefois plusieurs différences : dans les sociétés tribales, les liens sociaux sont une question de vie ou de mort, et l&#8217;on n&#8217;y établit de relation que face à face, contrairement aux réseaux sociaux. Ils désinhibent également les participants, au point d&#8217;y retrouver des groupes se revendiquant de la pochetronerie ou qui militent, comme sur Facebook et entre autres futilités, &#8220;<em>Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur l&#8217;escalator</em>&#8220;.</p><p><strong>Quand la machine nous (des)sert</strong><br /> Le parallèle entre l&#8217;oralité et les réseaux sociaux n&#8217;est pas nouveau : dans &#8220;<em>Orality and Literacy: The Technologizing of the Word</em>&#8221; (&#8221;<em>Oralité et alphabétisation : La technologisation du mot</em>&#8220;), publié en 1982, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_J._Ong"> Walter J. Ong</a>, qui avait précédemment étudié avec Marshall McLuhan, qualifiait ainsi de &#8220;<em>seconde oralité</em>&#8221; la tendance des nouveaux médias électroniques à faire écho aux anciennes traditions orales.</p><p>Ong voyait dans l&#8217;écrit une technologie. Michael Wesch, lui, s&#8217;est surtout fait connaître, cette année, par ses désormais célèbres <a href="http://mediatedcultures.net/mediatedculture.htm">vidéos</a> où il explore ce que les nouvelles technologies, et usages, du web 2.0, recèlent et engendrent de nouveaux paradigmes sociaux.</p><p>La vidéo la plus connue (elle a été visionnée plus de 4 millions de fois), &#8220;<em>The Machine is Us/ing Us</em>&#8220;, souligne ainsi ce que l&#8217;interconnexion croissante des réseaux et des gens, au travers du Web 2.0, doit nous amener à repenser :</p><p>&#8220;<em>Information R/evolution</em> &#8220;, qui circule beaucoup sur la blogosphère ces derniers temps, explore pour sa part ce que modifient nos nouvelles façons de trouver, classer, créer, critiquer et partager l&#8217;information :</p><p>Conçue, et réalisée, avec 200 de ses étudiants, &#8220;<em>A Vision of Students Today</em>&#8221; explore le décalage entre ce qu&#8217;ils vivent au quotidien et la réalité doublement &#8220;<em>déconnectée</em>&#8221; de leurs lieux de formation, pourtant censés préparer leur avenir :</p><p>Paradoxalement, souligne Michael Wesch dans le <em>New York Times</em>, les réseaux sociaux pourraient nous faire perdre ce qui nous reste de nos traditions orales. Pas seulement parce que nous passons de plus en plus de temps à tapoter, et de moins en moins à parler, mais aussi parce que les liens entre amis &#8220;<em>virtuels</em>&#8221; ne sont généralement pas aussi forts que ceux qui nous lient à nos ceux du monde physique.</p><p>Les réseaux sociaux, souligne Lance Strate, sont pourtant précisément peuplés de gens qui cherchent avant tout à dire qu&#8217;ils existent, et qu&#8217;ils font partie de la communauté.</p><p>Via <a href="http://lexeul.blogspot.com/2007/12/facebook-le-grand-retour-la-tribalit.html"> L&#8217;Oeil du Xeul</a>.</p></div> Tue, 29 Jan 2008 04:51:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14324/quand-les-r%C3%A9seaux-sociaux-nous-ram%C3%A8nent-aux-rites-tribaux /blog/entry/14324/quand-les-r%C3%A9seaux-sociaux-nous-ram%C3%A8nent-aux-rites-tribaux Internet, un outil de la démocratie ? <div><div><p>&#160;</p></div></div><div></div><div id="outils_texte"></div><div><p>Internet est-il une chance ou une menace pour la démocratie&#160;? Le levier d&#8217;une balkanisation de l&#8217;opinion publique ou le ferment de nouvelles pratiques délibératives&#160;? Patrice Flichy présente ici une importante synthèse des travaux (dont les siens) disponibles sur ces questions. Un panorama qui casse bien des préjugés&#8230;</p></div><div></div><div><p>Depuis qu&#8217;internet commence à se diffuser dans le grand public, une controverse réapparaît régulièrement&#160;: ce nouveau dispositif de communication favorise-t-il le débat démocratique&#160;? Cette discussion a trouvé une nouvelle actualité avec l&#8217;apparition des blogs et plus largement des applications du web 2.0 qui permettent à l&#8217;internaute de s&#8217;exprimer encore plus facilement que précédemment. Internet, contrairement à la radio ou à la télévision, met en situation d&#8217;égalité l&#8217;émetteur et le récepteur, c&#8217;est donc, à première vue, l&#8217;outil idéal pour une démocratie participative où le citoyen pourrait intervenir très régulièrement dans le débat public. Je me propose dans ce papier d&#8217;examiner comment cette question a d&#8217;abord été abordée au démarrage de cette nouvelle technologie, puis dans la période actuelle. Internet reproduit-il la concentration des médias traditionnels ou permet-il à de nouveaux acteurs de prendre la parole&#160;? Le nouvel univers électronique favorise-t-il la délibération démocratique ou une balkanisation des opinions publiques&#160;? Enfin, internet est-il en symbiose avec de nouveaux modes d&#8217;engagement citoyen&#160;? Quinze ans après le lancement de l&#8217;informatique de réseau dans le grand public, un tel bilan paraît nécessaire.</p><h3>Agora électronique ou confusion</h3><p>Au début des années 1990, internet est souvent présenté comme une nouvelle agora électronique&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb1" id="nh1" title="[1] Pour une analyse des utopies fondatrices d'internet, voir Patrice Flichy (...)">1</a>]. Dans le premier livre qui va populariser cette nouvelle technologie&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb2" id="nh2" title="[2] Howard Rheingold, The Virtual Community. Homesteading on the Electronic (...)">2</a>], le journaliste Howard Rheingold compare longuement internet à l&#8217;espace public habermassien. Il y voit un dispositif capable de revitaliser la démocratie. Cette vision politique d&#8217;internet sera reprise par de nombreux auteurs et notamment par Al Gore, alors vice-président des Etats-Unis, lors d&#8217;un <a href="http://www.goelzer.net/telecom/al-gore.html">discours à l&#8217;Union Internationale des Télécommunications</a>&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb3" id="nh3" title="[3] Al Gore, Remarks at International Telecommunications Union, Buenos (...)">3</a>]. Elle constituera un des éléments forts d&#8217;attraction de cette nouvelle technique.<br /> Mais rapidement des universitaires qui observent le comportement des communautés en ligne contestent cette perspective. Les forums sont souvent le siège de ces guerres d&#8217;injures (flame wars) où les internautes défendent violemment des opinions dont ils ne veulent plus démordre. Pour Mark Poster&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb4" id="nh4" title="[4] Mark Poster, « Cyberdemocracy : The Internet and the Public Sphere », in (...)">4</a>], les débats en ligne ne correspondent pas aux caractéristiques de l&#8217;espace public, à savoir un débat entre égaux où les arguments rationnels prévalent et où on cherche à élaborer une position commune. Internet ne répond qu&#8217;à la première caractéristique. Les internautes peuvent effectivement échanger sur un pied d&#8217;égalité. Par contre, l&#8217;échange argumenté est loin d&#8217;être toujours la règle. Le débat ne tend pas vers l&#8217;élaboration d&#8217;une position commune, mais plutôt vers une multiplication de points de vue contradictoires. Cet éclatement des opinions est encore renforcé par le fait que les identités des internautes sont floues et mobiles. Non seulement les interlocuteurs utilisent des pseudos et se créent une identité virtuelle, mais encore ils peuvent changer d&#8217;identité, en avoir plusieurs.<br /> Cette coexistence des identités qui a été étudiée par Sherry Turkle&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb5" id="nh5" title="[5] Sherry Turkle, Life on the Screen, Touchstone, New York, (...)">5</a>] semble être une des causes majeures de cette difficulté des communautés en ligne à construire un point de vue commun. Dans la vie réelle, les différentes facettes d&#8217;un individu sont unifiées par leur inscription dans un même corps, dans les interactions en face à face, chaque interlocuteur ressent ainsi la complexité de l&#8217;autre et peut s&#8217;appuyer sur cette complexité pour trouver un accord. Les communautés virtuelles encouragent, au contraire, la multiplicité de points de vue rigides plutôt que la flexibilité&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb6" id="nh6" title="[6] On trouvera également des thèses voisines dans Beth Kolko et Elisabeth (...)">6</a>].</p><h3>Des communautés d&#8217;intérêt moins homogènes qu&#8217;on ne le croit</h3><p>Ces travaux académiques issus principalement de la psychologie ou de la psycho-sociologie semblent disqualifier de façon définitive le débat public en ligne. Or la pratique des forums, des chats ou des listes de discussion constitue toujours une activité importante des internautes. Ceux-ci ne se rendent pas dans ces espaces virtuels uniquement pour le plaisir de s&#8217;injurier ou de simuler une autre identité&#160;! Les communautés en ligne ont été caractérisées par les fondateurs d&#8217;internet comme des communautés d&#8217; «&#160;intérêt commun&#160;»&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb7" id="nh7" title="[7] Joseph Licklider and Robert Taylor, “The Computer as a Communication (...)">7</a>]. Il est ainsi plus facile que dans la vie réelle de trouver des individus qui puissent partager tel ou tel de nos intérêts. Cet échange ne concerne pas l&#8217;ensemble de la vie d&#8217;un individu, mais certains aspects de sa personnalité liés à un domaine des loisirs mais aussi à des aspects plus intimes&#160;: maladies, événements familiaux... L&#8217;échange sera intense mais limité à une facette de la personnalité. On peut alors parler d&#8217; «&#160;intimité instrumentale&#160;». <a href="http://www.cairn.info/revue-reseaux-2004-2-page-141.htm">Ces communautés</a> qui sont très abondantes sur internet et souvent pérennes peuvent échanger des expériences ou des connaissances&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb8" id="nh8" title="[8] Pour une typologie de ces communautés voir Michel Gensollen, « Economie (...)">8</a>]. Elles ont été principalement étudiées par des économistes et des sociologues.<br /> Les «&#160;communautés épistémiques&#160;» sont particulièrement intéressantes à observer, parce qu&#8217;elles associent des participants de compétences diverses. Les communautés de logiciels libres en sont un très bon exemple. Elles associent des développeurs, des utilisateurs experts et des novices. Les premiers apportent leur aide et leurs conseils aux deux autres, mais à l&#8217;inverse ces derniers apportent aux développeurs des informations sur les défauts et les inadaptations du logiciel. Si les échanges sont donc en principe équilibrés, les experts jouant un rôle de médiation entre les développeurs et les novices, il y a néanmoins un risque de congestion de la communauté. Ces communautés ne peuvent se maintenir que si elles sont régulées. Dans le cas de Debian, sous-communauté Linux étudiée par Nicolas Auray&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb9" id="nh9" title="[9] Nicolas Auray, « La régulation de la connaissance : arbitrage sur la (...)">9</a>], de nombreuses procédures ont été mises en place, pour formater <em>a minima</em> les textes envoyés, gérer les messages signalant des erreurs (bugs), organiser le cycle des corrections, sélectionner les candidats développeurs&#8230; Une liste de discussion permanente, la <em>Debian Policy</em>, est le canal obligatoire pour recevoir et débattre des propositions nouvelles. Des dispositifs complexes de vote sont prévus. Il s&#8217;agit d&#8217;une démocratie directe tempérée par la compétence technique et la connaissance des archives.<br /> On pourrait citer bien d&#8217;autres exemples dans le domaine de la santé&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb10" id="nh10" title="[10] Madeleine Akrich et Cécile Méadel, « Prendre ses médicaments / prendre la (...)">10</a>], des critiques des produits culturels&#8230; Dans tous ces cas, les communautés d&#8217;intérêt constituent un domaine où internet peut être un vrai lieu d&#8217;échange et de débat public productif. On constate également que ces communautés sont moins homogènes qu&#8217;on ne l&#8217;estime souvent. Experts et novices s&#8217;y côtoient de façon constructive.</p><h3>Le consommateur et le citoyen</h3><p>La discussion sur la place d&#8217;internet dans le débat démocratique a été relancée par la publication en 2001 du livre d&#8217;un juriste américain, Cass Sunstein, intitulé <em>Republic.com</em>&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb11" id="nh11" title="[11] Cass Sunstein, Republic.com , Princeton, Princeton University Press, (...)">11</a>]. De cet ouvrage qui a suscité un large débat, on retiendra plus particulièrement deux points que j&#8217;étudierai successivement&#160;: la façon dont internet a tendance à faire de la souveraineté du consommateur le modèle de la souveraineté politique, et le fait que le débat politique sur internet réunit essentiellement des internautes d&#8217;opinion proche.<br /> Ce qui distingue fondamentalement internet des médias précédents, c&#8217;est que cette technique permet d&#8217;offrir à l&#8217;internaute une information personnalisée (<em>customized</em>). Non seulement le consommateur peut trouver beaucoup plus facilement un produit directement adapté à sa demande, mais il peut également construire son propre journal. Cette idée que les futurologues de l&#8217;informatique comme Toffler, Gilder ou Negroponte appelaient de leurs v&#339;ux dans les années 1980 et au début des années 1990 est proposée couramment aujourd&#8217;hui aux internautes avec les services de portail personnalisé comme Netvibes, et les flux RSS qui permettent d&#8217;avoir une information constamment mise à jour. On est alors dans le modèle de la souveraineté du consommateur qui choisit ce qu&#8217;il veut. Cass Sunstein rappelle à juste titre que le principe de la souveraineté politique est fondamentalement différent. «&#160;Les citoyens ne pensent pas et n&#8217;agissent pas comme des consommateurs&#160;»&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb12" id="nh12" title="[12] Ibid. p. 114.">12</a>]. La démocratie politique est le résultat d&#8217;un gouvernement de la délibération. Les choix politiques ne correspondent pas toujours aux intérêts personnels de l&#8217;individu, mais à ceux de la collectivité. L&#8217;opinion publique se construit par le débat, l&#8217;échange et la délibération.<br /> Au contraire, de nombreux penseurs d&#8217;internet des années 1990 qui ont souvent développé des thèses proches de celle des libertariens pensent que les choix politiques doivent être de plus en plus gérés comme des choix économiques. Louis Rossetto, fondateur de <em>Wired</em>, le grand magazine de réflexion sur internet, estime par exemple qu&#8217;avec ce nouveau réseau on peut supprimer le système scolaire public et laisser chaque famille trouver les dispositifs de formation qui lui semblent convenir pour ses enfants.<br /> Mais ces thèses provocatrices ont trouvé une forme plus élaborée dans un article publié en 1996, par deux juristes et intitulé «&#160;The new civic virtue of the Internet&#160;». <a href="http://firstmonday.org/issues/issue3_1/johnson/">Pour David Johnson et David Post</a>, ce qui distingue fondamentalement le cyberespace d&#8217;un espace ordinaire, c&#8217;est que les internautes sont totalement mobiles. Ils peuvent instantanément changer de site et ainsi contrôler le pouvoir des fournisseurs d&#8217;information. C&#8217;est à travers cette mobilité et non à travers des votes que chacun peut exprimer ses préférences collectives. «&#160;Dans le monde de la communication en ligne, on ne peut pas contrôler le pouvoir des opérateurs par le principe &#8216;une personne, une voix&#8217;, mais plutôt en quittant le système. Et on peut penser que la combinaison de processus décentralisés résultant d&#8217;une part de l&#8217;action unilatérale des opérateurs pour définir le monde en ligne et d&#8217;autre part des décisions aussi unilatérales des usagers d&#8217;entrer ou de quitter ces espaces, arrivera à bien répondre aux problèmes de l&#8217;action collective&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb13" id="nh13" title="[13] David Johnson et David Post, « The New ‘civiv virtue' of the Internet », (...)">13</a>].&#160;» On se trouve ainsi dans un modèle où l&#8217;opinion des citoyens s&#8217;exprime de la même façon que celle des consommateurs, en abandonnant le produit ou le site internet qui ne convient plus. L&#8217;opinion publique ne se construit pas par une série de débats et d&#8217;échanges, mais à tout moment le citoyen-consommateur vote avec ses pieds ou plus exactement avec sa souris.<br /> Cette thèse qui correspondait bien aux utopies initiales d&#8217;internet fut fortement contestée&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb14" id="nh14" title="[14] Voir Andrew Shapiro, “The Disappearance of Cyberspace and the Rise of (...)">14</a>]. Plusieurs auteurs insistèrent sur le fait qu&#8217;ainsi on supprimait toute régulation d&#8217;internet par l&#8217;Etat. En répondant à ses détracteurs, David Post précisa sa position sur la régulation&#160;: «&#160;Nous n&#8217;avons pas besoin d&#8217;un plan, mais d&#8217;une multitude de plans au sein desquels les individus pourront choisir. C&#8217;est vraiment le marché et non l&#8217;action collective qui est le plus à même de nous apporter la plénitude&#160;»&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb15" id="nh15" title="[15] David. Post, « What Larry Doesn't Get : Code, Law, and Liberty in (...)">15</a>].<br /> A l&#8217;heure où internet est beaucoup plus régulé par les Etats, ce débat paraît un peu lointain, mais il n&#8217;est intéressant à citer que dans la mesure où il permet de montrer qu&#8217;il y a bien au démarrage d&#8217;internet une réelle ambiguïté entre consommateur et citoyen et qu&#8217;elle a perduré, comme l&#8217;a bien analysé Sunstein.</p><h3>Moyen de communication et démocratie</h3><p>La deuxième menace pour la démocratie que Sunstein croit voir dans internet vient du fait que les débats politiques se dérouleraient entre des personnes ayant des opinions voisines. Cette thèse qui a été en partie reprise par Azi Lev-On et Bernard Manin&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb16" id="nh16" title="[16] Azi Lev-On et Bernard Manin, « Internet : la main invisible de la (...)">16</a>] a, contrairement à la première, suscité de larges discussions.<br /> Si personne ne conteste le fait que grâce à internet le citoyen a potentiellement accès à une information plus riche qu&#8217;auparavant et qu&#8217;il peut participer à de nombreux débats, la controverse porte plutôt sur la question de savoir si l&#8217;internaute ne consulte que des sites ou des forums proches de ses opinions ou si au contraire internet lui offre des occasions de rencontrer des positions différentes. En d&#8217;autres termes, est-ce qu&#8217;internet freine ou renforce la démocratie délibérative&#160;?<br /> Pour Sunstein, la matrice d&#8217;une expression publique démocratique est la prise de parole dans les parcs, la manifestation sur la voie publique. De cette façon, le citoyen rencontre de façon non intentionnelle d&#8217;autres points de vue que le sien, il prend conscience de l&#8217;existence d&#8217;autres opinions. L&#8217;autre élément fondateur de la démocratie est l&#8217;expérience partagée, elle fournit une sorte de «&#160;colle sociale&#160;». Les grands médias concentrent l&#8217;attention, autour de quelques émissions phares, internet au contraire tendrait à balkaniser le discours politique. Sunstein rencontre ainsi tout un courant de la sociologie de la communication qui s&#8217;est particulièrement intéressé aux «&#160;media events&#160;». Ceux-ci se présentent comme des rituels d&#8217;action symbolique régis par une dramaturgie cérémonielle. Il s&#8217;agit pour la société de renouveler son allégeance à ses valeurs fondamentales&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb17" id="nh17" title="[17] Daniel Dayan et Elihu Katz, La télévision cérémonielle, Paris, PUF, (...)">17</a>].<br /> Internet contrairement aux medias de masse n&#8217;est pas un acteur de ces grands rituels collectifs. A vrai dire, ces rituels sont en train de changer de nature indépendamment de l&#8217;émergence d&#8217;internet. En effet, les grands débats politiques télévisuels qui rythmaient la vie publique sont de plus en plus remplacés par des émissions d&#8217;«&#160;infotaintment&#160;». Faut-il considérer que les nombreux talk-shows où on voit de plus en plus souvent les hommes ou les femmes politiques sont principalement des lieux où on évite toute question politique&#160;? Faut-il au contraire penser que c&#8217;est un lieu où se révèlent les qualités personnelles des candidats, élément aujourd&#8217;hui essentiel du choix politique&#160;? Que de toute façon dans une télévision qui mêle de plus en plus la sphère intime et la sphère publique une telle évolution est inéluctable&#160;?&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb18" id="nh18" title="[18] On trouvera dans le numéro 118 de Réseaux (2003) des points de vue très (...)">18</a>]<br /> Comme toujours quand apparaît une nouvelle technique, celle-ci, avant d&#8217;éventuellement modifier la société, va s&#8217;inscrire dans des évolutions sociales existantes. Dans un monde où parole privée et parole publique se mélangent de plus en plus, il n&#8217;est pas étonnant qu&#8217;internet propose à ses utilisateurs d&#8217;interconnecter leurs discours. Internet s&#8217;inscrit également dans un contexte de large diversification des médias, où le récepteur est face à une offre beaucoup plus étendue qu&#8217;auparavant.<br /> Pour pouvoir examiner comment l&#8217;internaute réagit face à ce foisonnement d&#8217;expressions publiques, il convient d&#8217;examiner comment ce champ informationnel est structuré. Est-il concentré ou éclaté&#160;? Est-il ouvert à de nouveaux acteurs&#160;? Y a-t-il des relations entre les sites&#160;?</p><h3>La concentration de l&#8217;information en ligne</h3><p>Internet propose une information riche et abondante, quantitativement très importante. Ainsi une étude sur le référendum de 2005 sur la constitution européenne décompte plus de trois cents sites web qui abordent cette question. De même <a href="http://www.johnkeane.net/pdf_docs/teaching_sources/google/google.pdf">une recherche américaine</a> de 2003 décompte 1700 sites abordant la question de l&#8217;avortement&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb19" id="nh19" title="[19] Guilhem Fouetillou, « Le web et le traité constitutionnel européen. (...)">19</a>]. Il est évidemment difficile de comparer internet aux médias classiques, puisque l&#8217;offre n&#8217;est pas de même nature. En effet, contrairement à la presse ou à la télévision, l&#8217;information sur le web reste disponible de façon permanente. Il est suffisant d&#8217;indiquer ici qu&#8217;internet est devenu aujourd&#8217;hui un media majeur.<br /> Cette abondance de l&#8217;information en ligne se traduit-elle par une grande diversité de la réception de l&#8217;information. En fait, il n&#8217;en est rien, le citoyen concentre son attention autour de quelques sites qui viennent du monde traditionnel des médias et apportent <em>a priori</em> une information diversifiée et de qualité. <a href="http://www.pewinternet.org/pdfs/PIP_2004_Campaign.pdf">Une enquête américaine</a> réalisée sur la campagne présidentielle de 2004&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb20" id="nh20" title="[20] Lee Rainie, Michael Cornfield et John Horrigan, « The Internet and (...)">20</a>] montre qu&#8217;environ la moitié (48,5%) des internautes consultent les sites des grands médias (31,5%) ou des portails internet (17%), CNN.com réunissant à lui seul 20% de l&#8217;audience. Cette concentration du lectorat en ligne s&#8217;est beaucoup accrue puisqu&#8217;en 2000 les sites des grands médias et les portails ne réunissaient que le quart de l&#8217;audience.<br /> Cette concentration croissante du lectorat s&#8217;explique en partie par un mécanisme propre à internet, celui des liens hypertextes. En effet, de nombreux internautes sont amenés sur un site grâce aux liens. L&#8217;étude américaine déjà citée qui a analysé l&#8217;usage du web sur six sujets politiques&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb21" id="nh21" title="[21] Avortement, peine de mort, contrôle de la vente d'armes, président, (...)">21</a>] montre que le site principal recueille, selon le sujet, de 7 à 53&#160;% des liens proposés par les autres sites, les dix sites principaux en recueillant de 36 à 83% et les cinquante premiers de 70 à 95%. On a ainsi une distribution statistique appelée loi de puissance où un tout petit nombre de sites reçoit l&#8217;essentiel des liens et où un très grand nombre en reçoit très peu.<br /> Cette étude confirme également le rôle clé des moteurs de recherche dans l&#8217;accès à l&#8217;information des internautes. On sait notamment que Google classe les sites proposés lors d&#8217;une recherche en fonction du nombre de liens hypertextes reçus par ces sites. Les auteurs de cette étude parlent justement de <em>googlearchy</em> pour caractériser le phénomène qu&#8217;ils ont observé. Ils ont d&#8217;ailleurs constaté dans un autre travail qu&#8217;il y avait une forte corrélation entre le nombre de liens pointant sur un site et le nombre de visites. En définitive, contrairement à ce que pensaient ses premiers idéologues, internet est comme les autres médias, un espace très concentré. Cette situation «&#160;où le gagnant prend tout&#160;» a été repéré par un certain nombre d&#8217;économistes qui expliquent ainsi le succès d&#8217;entreprises <em>high tech</em> comme Amazon ou Facebook.</p><h3>Un espace ouvert</h3><p>Cette concentration des sites web signifie-t-elle qu&#8217;internet n&#8217;est en rien différent des autres médias. Evidemment non. Internet est un espace où il est plus facile qu&#8217;ailleurs de produire de l&#8217;information, où les barrières à l&#8217;entrée sont moindres. De nombreuses opinions s&#8217;expriment sur internet qui n&#8217;ont pas trouvé ou difficilement trouvé des espaces d&#8217;expression dans les médias classiques. Ce fut le cas lors du référendum sur la constitution européenne. Alors que les promoteurs du «&#160;oui&#160;» ont eu accès largement aux médias classiques, les partisans du «&#160;non&#160;» qui dans l&#8217;ensemble n&#8217;appartenaient pas aux organisations politiques dominantes, ont largement utilisé le web pour présenter leur opinion. D&#8217;après l&#8217;étude de Guilhem Fouetillou&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb22" id="nh22" title="[22] Guilhem Fouetillou, op. cit.">22</a>], les deux tiers des sites web qui ont traité du référendum soutenaient le «&#160;non&#160;». Dans ce cas, le web est apparu comme le moyen de communication de ceux qui étaient mal représentés dans les médias classiques. Par ailleurs, le web s&#8217;est aussi ouvert à des courants d&#8217;opinion minoritaires voire marginaux et notamment aux mouvements négationnistes et à différents groupes racistes. On constate dans ces champs, comme presque toujours sur le web, la même polarisation autour de quelques sites.<br /> Au-delà de l&#8217;expression politique de groupes constitués (médias, organisations politiques ou idéologiques&#8230;), internet donne également la possibilité à des individus de prendre la parole à travers des sites d&#8217;auto-publication ou blogs. Contrairement à ce qui a parfois été dit, les blogs politiques ne constituent qu&#8217;une toute petite partie de la blogosphère, au mieux quelques dizaines de milliers parmi les deux millions de blogs actifs en France. Dans <a href="http://www.cairn.info/revue-reseaux-2006-4-page-15.htm">la typologie des blogs et de leurs publics</a> établie par Dominique Cardon et Héléne Delaunay-Teterel&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb23" id="nh23" title="[23] Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Teterel, « La production de soi comme (...)">23</a>], le blog politique constitue une catégorie particulière qu&#8217;on peut caractériser par le fait que contrairement aux autres blogs (journaux intimes, journaux d&#8217;adolescents destinés à leur clan), l&#8217;énoncé est détaché de la personne de l&#8217;énonciateur, il indique son identité civile, souhaite échanger des opinions dans l&#8217;espace public (il reprend fréquemment des messages d&#8217;autres blogs sur le sien) et propose de nombreux liens externes vers le web, notamment vers les sites des médias et des partis. Enfin, les blogrolls, c&#8217;est-à-dire la liste des liens avec les blogs préférés, est plus longue. On sort d&#8217;un type de discours qui n&#8217;est jamais séparé de l&#8217;énonciateur et destiné à des groupes restreints pour entrer dans l&#8217;espace public. Les commentaires des lecteurs qui apparaissent comme dans tout blog sont plus nombreux et plus longs&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb24" id="nh24" title="[24] Une analyse quantitative anglo-saxonne des commentaires laissés sur les (...)">24</a>].<br /><a href="http://loiseaugerard.free.fr/DELcolloque/DEL,%20militantisme/DEL%2012,%20Greffet,%20blogs.pdf">Une analyse plus fine des blogs politiques</a>&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb25" id="nh25" title="[25] Fabienne Greffet, « Politics as usual ? Les blogs politiques français (...)">25</a>] permet de distinguer les auteurs&#160;: personnalités politiques nationales ou locales, commentateurs professionnels (journalistes qui le font dans le cadre de leur journal, journalistes indépendants, conseillers en communication), citoyens ordinaires. L&#8217;objectif du blog peut être de commenter la vie politique, de mettre en valeur une personnalité ou une organisation politique, de mobiliser les citoyens dans le cadre d&#8217;une élection ou autour d&#8217;un problème de société. On trouve dans les blogs politiques une concentration des liens et du lectorat analogue à celle que nous avions observée pour les sites web&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb26" id="nh26" title="[26] Daniel Drezner et Henry Farrell, « The power and politics of blogs », (...)">26</a>]. Faut-il déduire de ces différents constats que le blog politique est un phénomène relativement marginal auquel participent peu de citoyens et dont le lectorat est très concentré&#160;? L&#8217;influence des blogs dans le débat public national est rarement directe, elle passe le plus souvent par l&#8217;intermédiaire des grands médias. <a href="http://www2.scedu.unibo.it/roversi/SocioNet/blogpaperfinal.pdf">Une étude américaine</a>&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb27" id="nh27" title="[27] Ibidem">27</a>] montre que les blogs les plus connus sont lus et cités par les journalistes. Ils ont un pouvoir d&#8217;interpellation ou même de mise sur l&#8217;agenda. On connaît l&#8217;histoire de Dan Rather, ce journaliste vedette de CBS dont les fausses révélations sur le passé militaire de Bush ont été dénoncées par des blogueurs. Ceux-ci sont donc devenus des nouveaux acteurs de l&#8217;information. Les blogs quand ils sont réalisés par des professionnels et notamment par des journalistes proposent un type d&#8217;écriture radicalement nouveau. Pour Donald Matheson, il s&#8217;agit d&#8217;une «&#160;connaissance-processus&#160;» et non plus d&#8217;une «&#160;connaissance-produit&#160;»&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb28" id="nh28" title="[28] Donald Matheson, « Weblogs and the epistemology of the news : some (...)">28</a>]. L&#8217;auteur présente ses différentes sources, les commente, propose de nombreux liens hypertextes. C&#8217;est donc un format d&#8217;information qui interpelle le lecteur et suscite commentaires et débats.</p><h3>La cartographie de l&#8217;espace informationnelle en ligne</h3><p>Les différents travaux évoqués ici sur les sites web ou sur les blogs montrent donc que l&#8217;espace de l&#8217;information en ligne est fortement polarisé autour de sites qui sont devenus des références, ils sont les plus lus, les plus cités et les plus commentés. Si pour beaucoup d&#8217;entre eux, il s&#8217;agit d&#8217;acteurs médiatiques ou politiques existants, de nouveaux acteurs sont également apparus (le cas des sites «&#160;nonistes&#160;» du référendum européen en est la plus belle illustration). Comme toujours l&#8217;innovation a rebattu en partie les cartes. Mais il faut aller plus loin dans cette analyse de la topographie du web. Est-ce que ces sites même inégaux sont organisés de façon éclatée, par famille d&#8217;opinions ou, au contraire, permettent-ils une circulation des internautes dans l&#8217;espace des opinions&#160;? Nous manquons aujourd&#8217;hui d&#8217;études sur le parcours des internautes dans le domaine politique&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb29" id="nh29" title="[29] Pour une étude sur les parcours sur internet de façon générale voir le n° (...)">29</a>], par contre on peut étudier comment les éditeurs incitent à naviguer sur le web, à aller consulter d&#8217;autres informations à travers les liens hypertexte qu&#8217;ils proposent à leurs lecteurs.<br /><a href="http://delivery.acm.org/10.1145/1140000/1134277/p36-adamic.pdf?key1=1134277&amp;key2=5880639911&amp;coll=GUIDE&amp;dl=GUIDE&amp;CFID=48433172&amp;CFTOKEN=40147578">Une recherche</a> réalisée sur les blogs américains pendant les élections présidentielles de 2004&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb30" id="nh30" title="[30] Lada Adamic et Natalie Glance, « The political blogosphere and the 2004 (...)">30</a>] sont restés. Une autre spécificité vient du fait que les sites du «&#160;oui&#160;» sont plus tournés vers les sites des institutions et des grands médias&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb31" id="nh31" title="[31] Les sites du « oui » ont en moyenne 1,2 liens vers les institutions et (...)">31</a>] qui globalement leur sont favorables que le sites «&#160;nonistes&#160;» qui doivent pour leur information de référence se lier à des sites internes à leur propre camp. Ces caractéristiques particulières du débat sur le référendum européen expliquent donc l&#8217;écart qui existe entre les résultats des études française et américaine.<br /> En définitive, des études sur la concentration des sites web et des blogs et de celles sur l&#8217;espace des liens hypertextes, on peut tirer deux premiers résultats qui permettent de répondre à la thèse de Sunstein. Internet, malgré sa diversité, est polarisé autour d&#8217;un nombre restreint de sites. Les sites généralistes sont généralement réalisés par des journalistes, qu&#8217;ils soient associés à un média existant, comme CNN.com, ou qu&#8217;ils consistent en un assemblage de dépêches d&#8217;agence de presse, ce qui est souvent le cas des sites d&#8217;information des grands portails, soit encore qu&#8217;il s&#8217;agisse de nouvelles entreprises de presse, comme Rue 89. Comme les médias généralistes, ils offrent une information relativement diversifiée. Mais internet a aussi permis à une nouvelle presse d&#8217;opinion de se développer, car l&#8217;investissement initial est beaucoup plus restreint qu&#8217;avec les médias traditionnels. Pour ces «&#160;web d&#8217;opinion&#160;» ou ces blogs spécialisés, on trouve au sein de leurs sous-communautés la même polarisation sur quelques sites. Dans ce domaine qui est évidemment l&#8217;aspect le plus novateur d&#8217;internet, la faiblesse des liens de ces sites avec d&#8217;autres secteurs de l&#8217;opinion peut constituer un vrai risque de balkanisation de l&#8217;espace public, de communautarisation de l&#8217;opinion. Mais pour prendre la mesure de ce risque, il nous faut examiner une autre partie d&#8217;internet&#160;: les débats entre internautes qui se manifestent notamment dans les forums, les chats ou les listes de discussion&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb32" id="nh32" title="[32] Il existe d'autres modes de débat sur internet, notamment les (...)">32</a>]. C&#8217;est par définition le lieu d&#8217;une démocratie délibérative en ligne.</p><h3>Les débats sur internet</h3><p>Une enquête menée par Jennifer Stromer-Galley auprès des participants à trois groupes de discussion en ligne permet de voir si les interactions se déroulent au sein de communautés homogènes (thèse de l&#8217;homophilie) ou hétérogènes. Incontestablement, internet permet de rencontrer des gens qui pensent comme vous. On retrouve là la thèse des communautés d&#8217;intérêt qui est au c&#339;ur du développement d&#8217;internet. Cette demande de rencontre de personnes d&#8217;opinions proches semble d&#8217;autant plus forte que l&#8217;individu se trouve idéologiquement isolé dans son environnement naturel (<em>off line</em>). On voit ainsi qu&#8217;on ne peut pas analyser l&#8217;impact d&#8217;internet indépendamment du contexte de la vie réelle.<br /> A l&#8217;inverse, de nombreux interviewés valorisent la diversité. Ils expriment le plaisir qu&#8217;il y a à rencontrer en ligne des gens différents d&#8217;eux par leur origine sociale ou géographique, mais aussi des gens qui pensent différemment. Ces internautes rencontrent ainsi un public devant lequel ils peuvent s&#8217;exprimer. Parfois, ces opinions différentes peuvent les inquiéter ou les heurter, mais c&#8217;est plutôt perçu comme une occasion de clarifier ses idées, d&#8217;affuter ses arguments. De telles occasions existent rarement dans la vie réelle. En effet, les travaux de Wyatt et Katz sur les conversations politiques&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb33" id="nh33" title="[33] Robert Wyatt, Elihu Katz and Joohan Kim, « Bridging the spheres : (...)">33</a>] montrent que celles-ci se déroulent le plus souvent à la maison et au travail et ont lieu pour l&#8217;essentiel (80 à 85%) avec des gens avec lesquels on n&#8217;a pas de désaccords fréquents.<br /> Si on généralise les conclusions de l&#8217;étude monographique de Stromer-Galley, on peut considérer qu&#8217;internet favorise le débat public. Mais il s&#8217;agit d&#8217;un débat intentionnel, ces internautes ont décidé de venir spécifiquement sur ces sites. Alors que la participation au débat public en ligne est souvent moins intentionnelle qu&#8217;on ne le croit. Une étude menée aux États-Unis sur le site Slashdot, conçu pour les passionnés d&#8217;informatique, montre que les débats politiques qui se sont tenus sur ce site pendant les élections présidentielles de 2004 ont eu un succès important. Ces discussions politiques qui représentent moins de 5% de l&#8217;ensemble ont été les plus actives. Les commentaires sont plus fréquents. En moyenne, il y en a 35% en plus&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb34" id="nh34" title="[34] Clifford Arthur Cochise Lampe, “Talking politics on the side : (...)">34</a>]. On a également remarqué en France, que lors de la dernière élection présidentielle, les débats politiques furent également importants sur des sites leader non politiques comme doctissimo (site sur la santé) ou hardware (site sur l&#8217;informatique). On trouve là l&#8217;équivalent de ces rencontres aléatoires d&#8217;orateurs dans les parcs que Sunstein met à l&#8217;origine de la démocratie délibérative américaine.<br /> Mais on peut aussi envisager d&#8217;utiliser internet de façon plus volontariste. Au sein de l&#8217;Electronic Dialogue Project lancé lors des élections présidentielles de 2000, on proposa à un échantillon d&#8217;Américains de participer à 60 groupes de discussion politique qui se réunissaient régulièrement en direct. Ces débats en ligne ont manifestement accru la participation au vote et l&#8217;engagement dans la vie locale&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb35" id="nh35" title="[35] Vincent Price et Joseph Cappella, « Online deliberation and its (...)">35</a>]. Cela reste malgré tout une expérience restreinte qui peut néanmoins servir de modèle pour l&#8217;organisation de débat public, cette démocratie dialogique étudiée par Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb36" id="nh36" title="[36] Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe, Agir dans un monde (...)">36</a>]. Internet dans ce cas peut permettre de mettre au point des procédures qui peuvent enrichir le débat public et favoriser la participation des citoyens&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb37" id="nh37" title="[37] Voir par exemple le cas étudié par Nicolas Benvegnu, « Les éoliennes en (...)">37</a>].</p><h3>Internet et l&#8217;engagement politique</h3><p>Pour terminer ce panorama de la place d&#8217;internet dans le fonctionnement démocratique, il convient d&#8217;examiner le rôle que joue le réseau informatique dans l&#8217;activité militante. Dans un contexte où l&#8217;engagement militant est souvent en crise (diminution du nombre de militants, hésitation à s&#8217;«&#160;encarter&#160;»&#8230;), internet a ouvert un outil adapté aux nouvelles formes de militantisme aussi bien dans les partis traditionnels que dans les nouvelles organisations militantes. L&#8217;expérience de <em>Temps réels</em>, la section virtuelle du Parti socialiste est intéressante à observer. L&#8217;idée de départ était de tenter de réunir des militants en faisant fi de l&#8217;habituel ancrage géographique. Mais cette section particulière, et c&#8217;est là son aspect le plus novateur, est également devenu un lieu de discussion essentielle du PS sur les technologies d&#8217;information et de communication, le débat étant organisé non seulement entre les adhérents de la section (60), mais avec d&#8217;autres membres du Parti (70) et avec des «&#160;correspondants&#160;» (100)&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb38" id="nh38" title="[38] Chiffres de décembre 2003. Godefroy Beauvallet et Maurice Ronai, « (...)">38</a>] qui participent au débat sans adhérer. Ainsi dans son domaine particulier de compétences, <em>Temps réels</em> a organisé une nouvelle forme de débat qui dépasse les limites de l&#8217;organisation. Le débat est actif, puisque 60% des membres interviennent.<br /> Cette nouvelle forme de participation électronique a été au c&#339;ur du site de Ségolène Royal <em>Désirs d&#8217;avenir</em>. Il s&#8217;agissait là aussi de faire appel à des expertises ou des témoignages spécifiques venant de la base, au-delà du parti. Le résultat est mitigé&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb39" id="nh39" title="[39] Voir Godefroy Beauvallet, « Parti de campagne : Militer en ligne au (...)">39</a>]. D&#8217;un côté, le lectorat fut faible (125 000 «&#160;visiteurs uniques&#160;» par mois, soit 10% du lectorat du site de <em>Libération</em>), de l&#8217;autre la production militante fut considérable (en octobre 2006, 45 000 messages avaient été écrits). Mais l&#8217;élément le plus novateur vient du déplacement de l&#8217;activité militante qui abandonne le discours oral, la réunion réelle, pour la rédaction de fiches normalisées. La participation militante nécessite d&#8217;autres compétences, elle est cadrée par des procédures strictes.<br /> Evidemment, ce modèle n&#8217;est pas la conséquence de l&#8217;utilisation du média internet. Il suffit pour s&#8217;en convaincre de comparer <em>Désirs d&#8217;avenir</em> au site de campagne de François Bayrou. Dans ce cas, la participation des militants est toute différente. Il ne s&#8217;agit plus d&#8217;argumenter, de délibérer mais d&#8217;exprimer ses sentiments, ses émotions de campagne. Les internautes qui interagissent sont plutôt des néo-militants qui ont besoin de se conforter et souhaitent partager l&#8217;expérience commune&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb40" id="nh40" title="[40] Voir Marie-Anne Nourry, Mémoire du master de communication des (...)">40</a>].<br /> Si les grandes organisations politiques commencent donc à se saisir d&#8217;internet, l&#8217;outil a été utilisé en premier lieu par les nouvelles formes de militantisme qui sont faiblement dotées en ressources organisationnelles. Dans ce cas, internet n&#8217;accompagne pas la vie militante, mais il en devient un des instruments clés. Attac est un bel exemple de cette situation. A l&#8217;origine, internet avait été conçu comme un moyen de mutualiser de l&#8217;information entre les militants. Mais très vite, il devient un outil qui permet de lancer des débats transversaux dans l&#8217;organisation indépendamment des instances dirigeantes. Ces débats qui, comme le plus généralement sur internet, n&#8217;ont comme membres actifs qu&#8217;une petite minorité, acquièrent soudain une forte visibilité, puisqu&#8217;à défaut d&#8217;avoir beaucoup de membres actifs il y a beaucoup de messages. Cette «&#160;puissance du nombre&#160;» évoquée par Gabriel Tarde dans <em>L&#8217;opinion et la foule</em> permet de créer de nouveaux rapports de force dans l&#8217;association&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb41" id="nh41" title="[41] Je reprends ici les conclusions du très bon travail de Flore Trautmann, (...)">41</a>]. Les animateurs de certaines de ces discussions obtiennent ainsi un nouveau pouvoir d&#8217;interpellation. Ils peuvent faire inscrire à l&#8217;agenda de l&#8217;association certains points qui leur tiennent à c&#339;ur.<br /> Internet est donc incontestablement un outil qui a permis à la base des militants d&#8217;Attac de s&#8217;exprimer. Il permet de réduire la distance entre les dirigeants et la base. Il y a néanmoins un risque, c&#8217;est que les personnes les plus actives sur le réseau se proclament représentants de la base, alors qu&#8217;ils n&#8217;ont pas été élus et qu&#8217;une partie de leur légitimité vient de leur capacité à être actifs voire omniprésents dans ce nouvel espace. Dans une organisation qui a eu à gérer de nombreux conflits internes, on voit bien que les rapports entre internet et la démocratie sont très ambivalents.<br /> Mais plus on s&#8217;éloigne d&#8217;une action militante solidement organisée à travers des organisations pérennes, plus il y a une proximité entre la forme réticulaire d&#8217;internet et celle de certaines nouvelles formes d&#8217;action politique. Fabien Granjon parle ainsi d&#8217;«&#160;affinité structurelle&#160;» entre internet et le «&#160;mouvement anti-mondialisation&#160;»&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb42" id="nh42" title="[42] Fabien Granjon, « Mouvement anti-mondialisation et dispositifs de (...)">42</a>]. Ce mouvement qui s&#8217;organise à travers les temps forts réguliers des forums sociaux mondiaux est un réseau transnational de militants. Il convient de faire circuler l&#8217;information, de la synthétiser, parfois de la traduire, de la capitaliser à travers un réseau qui n&#8217;a pas de centre. On est donc assez éloigné du modèle de <em>Désirs d&#8217;avenir</em> où internet est un moyen de recentralisation, de celui d&#8217;Attac (en dépit de la proximité idéologique) où il y a constamment tension entre l&#8217;élaboration des positions par les votes et l&#8217;appareil, d&#8217;une part, et par internet, d&#8217;autre part. Il y a dans le néo-militantisme altermondialiste des forums sociaux un projet politique qui converge avec le modèle d&#8217;internet, il s&#8217;invente là une tentative nouvelle de démocratie réticulaire qui est bien en phase avec le militantisme de la société civile. Pierre Rosanvallon note de son côté qu&#8217;une des principales caractéristiques des nouveaux mouvements sociaux est d&#8217;assurer ces activités de vigilance, de dénonciation et de notation qui sont à la base de la «&#160;contre-démocratie&#160;». Il remarque également quelques pages plus loin qu&#8217;internet est particulièrement adapté à ce type d&#8217;actions&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb43" id="nh43" title="[43] Pierre Rosanvallon, La contre-démocratie. La politique à l'âge de la (...)">43</a>]. Ainsi le lien qui apparaît entre les nouveaux mouvements sociaux et internet n&#8217;est pas seulement qu&#8217;ils fonctionnent tous les deux en réseau, mais qu&#8217;ils occupent des fonctions voisines. La démocratie réticulaire est en somme une contre-démocratie.</p><h3>Conclusion</h3><p>Internet, comme les autres outils médiatiques, a été marqué par les représentations que ses concepteurs pouvaient avoir de la communication sociale et politique. Ceux-ci furent autant des innovateurs sociaux que des innovateurs techniques. Ils sentirent et expérimentèrent ces nouvelles formes de relations sociales qu&#8217;on peut appeler «&#160;<a href="http://www.cairn.info/revue-reseaux-2004-2-page-17.htm">individualisme connecté</a>&#160;» et qui caractérisent aussi bien la vie privée que la vie professionnelle&#160;[<a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html#nb44" id="nh44" title="[44] Patrice Flichy, « L'individualisme connecté, entre la technique numérique (...)">44</a>]. Cette forme sociale apparaît aussi dans les nouveaux types d&#8217;engagement militant où l&#8217;individu choisit ses modes d&#8217;intervention, mais toujours en coordination avec les autres. Internet a donc une homologie forte avec de nouvelles formes de participation et de délibération démocratiques. Certes, tous les internautes, loin de là, ne sont pas des visiteurs des sites d&#8217;information et de débat politique, néanmoins de nouveaux dispositifs d&#8217;information sont apparus, de nouvelles formes de débats se mettent en place.<br /> Malgré sa nouveauté réelle, internet reproduit certaines caractéristiques des médias précédents. L&#8217;audience est fortement concentrée sur quelques sites de référence. Ceux-ci constituent donc ce terreau d&#8217;informations communes nécessaires à notre fonctionnement social. Internet est un réseau, une toile où les différentes informations sont reliées les unes aux autres. Cette géographie des liens hypertextes est moins ouverte qu&#8217;on ne pouvait le penser. Il y a donc un risque que le web ressemble plus à un archipel qu&#8217;à une toile unique. Mais cet éclatement des sources d&#8217;information se retrouve également dans d&#8217;autres médias.<br /> En définitive, internet n&#8217;a pas en lui-même d&#8217;effet négatif sur la délibération démocratique. Il s&#8217;est en partie moulé sur les caractéristiques de notre société, mais il offre aussi de réelles opportunités pour de nouvelles formes démocratiques, multiples et réticulaires, où le citoyen ne se contente pas d&#8217;élire ses représentants, mais où il peut débattre, surveiller et évaluer leurs actions.</p></div><div></div><p>par <a href="http://www.laviedesidees.fr/_Flichy-Patrice_.html">Patrice Flichy</a> [14-01-2008]</p> Tue, 29 Jan 2008 04:49:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14323/internet-un-outil-de-la-d%C3%A9mocratie- /blog/entry/14323/internet-un-outil-de-la-d%C3%A9mocratie- Le « crowdsourcing »: la communauté des bénévoles du quotidien <h2></h2><p><abbr title="Sunday 27 January 2008 à 20:17">Sunday 27 January 2008 à 20:17</abbr> &#8212; by <a href="http://fr.mashable.com/author/guest/" title="View all posts by Guest">Guest</a></p><p><img alt="" src="http://fr.mashable.com/wp-content/uploads/2008/01/crowdsourcing.png" /></p><p>Le nom est barbare à l&#8217;oreille, et pourtant, elle rend de nombreux services de plus en plus tous les jours&#8230; Qui ça «&#160;elle&#160;»&#160;? La communauté des bénévoles qui mettent un peu de temps et de compétences au service d&#8217;une «&#160;cause&#160;» virtuelle. Qui en bénéficie&#160;? Chacun de nous, au quotidien. Qui est en l&#8217;investigateur&#160;? Très souvent des sociétés qui ont pignon sur rue et un but commercial, et qui trouvent là l&#8217;occasion de réduire leur temps de développements, d&#8217;améliorer leur service, et surtout de faire des réductions de coûts substancielles.</p><p>De fait, le «&#160;crowdsourcing&#160;» (littéralement, «&#160;l&#8217;approvisionnement par la foule&#160;», notion inventée par deux rédacteurs du journal Wired) s&#8217;inspirent plus de «&#160;l&#8217;outsourcing&#160;» que du bénévolat caritatif&#160;: c&#8217;est de la sous-traitance basée sur le volontariat. utilisant la créativité, l&#8217;intelligence et le savoir-faire à moindre coût.</p><p>Nous sommes donc bien loin de résoudre un des grands problèmes mondiaux (au choix&#160;: la faim dans le monde, la déforestation, la réchauffement de la planète&#8230;), ou bien faire émerger une technologie par la collaboration de compétences très pointues (tel le développement <em>open-source</em>). Ici, tout un chacun peut participer à la mesure de ses capacités.</p><p>La grande question est&#160;: comment peut-on arriver à persuader un nombre non négligeable de gens sur la la Toile a consacrer du temps à ces activités&#160;qui ne relèvent d&#8217;aucune «&#160;grande cause&#160;» mondiale ? Les motivations sont principalement au nombre de trois&#160;: rendre service pour avoir plus vite le bénéfice individuel de quelque chose, gagner un peu d&#8217;argent, et avoir la sensation d&#8217;avoir apporté sa pierre à une &#339;uvre collective. Sans oublier l&#8217;aspect «&#160;ludique&#160;». Voici trois exemples concrets.</p><p><strong>Facebook en français&#160;: la «&#160;cause »</strong></p><p>Un événement dont nous allons entendre parler dans peu de temps&#160;: l&#8217;arrivée de Facebook dans la langue de Molière. Cette traduction, ainsi que bien d&#8217;autres (allemand et espagnol notamment) n&#8217;est pas le fait de la société Facebook qui aurait payé pour une localisation pour chacun des pays visés, mais le fait de la communauté des facebookers qui, via une application, vont chacun traduire le produit dans sa langue&#160;! Excellente initiative, qui renforce le côté «&#160;appartenance à une grande famille où l&#8217;on me fait confiance&#160;», et qui ne me gène pas quand elle provient d&#8217;une petite start-up sans trop le sou telle que Meebo. En revanche, venant de Facebook, je trouve ça limite vulgaire&#8230;</p><p>Il n&#8217;empêche que cela marche&#160;: plus de 2000 personnes participent, et le gros de l&#8217;interface est déjà traduite&#160;!</p><p><img alt="" src="http://mashable.com/wp-content/uploads/2007/12/fb-translate.gif" /></p><p><strong>Google Labeller&#160;: le «&#160;taggeur&#160;» ludique</strong></p><p><img alt="google labeller" height="300" src="http://fr.mashable.com/wp-content/uploads/2008/01/labeller.jpg" width="450" /></p><p>Google, dans son sacerdoce à délivrer l&#8217;information recherchée la plus précise, se heurte à des problèmes comme la qualification des images&#160;: comment les «&#160;tagger&#160;» au mieux&#160;? Seul un discernement humain peut le faire. D&#8217;où Google Image Labeller.</p><p>Le ressort ici utilisé est le jeu&#160;: on affronte un adversaire réel dont on ne sait rien, et l&#8217;on a 1 minute 30 pour définir par des mots simples, les tags du plus d&#8217;images possible. Ces images sont choisies aléatoirement dans la grande base de données de Google, et l&#8217;on passe à l&#8217;image suivante quand on a au moins un mot en commun avec son adversaire.</p><p><strong>Amazon Mechanical Turk&#160;: l&#8217;usine à produits</strong></p><p>Le «&#160;Turc mécanique&#160;» dont il s&#8217;agit ici est en fait un clin d&#8217;&#339;il a une machine d&#8217;échecs qui semblait jouer seule, mais qui en fait renfermait un humain.</p><p>Identiquement, Amazon paye des internautes à remplir les formulaires de descriptions produits, après avoir passé un test «&#160;d&#8217;intelligence&#160;». A la clé, la «&#160;fortune&#160;»&#160;: 1,45$ la semaine&#160;!</p><p>Faut-il parler dans ce cas d&#8217;entraide communautaire rémunérée ou de virtual sweat shop&#160;?</p><p><img alt="AmazonMechanicalTurk" height="320" src="http://fr.mashable.com/wp-content/uploads/2008/01/amazonmechanicalturk.jpg" width="450" /></p><p><strong>Quelles conséquences réelles du crowdsourcing&#160;?</strong></p><p>Au-delà de l&#8217;aspect «&#160;passe temps oisif&#160;» du crowdsourcing, les impacts sur la vie «&#160;réelle&#160;» sont plus importants qu&#8217;on ne croit, et s&#8217;apparente presque à du dumping social&#160;:</p><ul><li>Un impact sur le marché du travail et l&#8217;évolution des métiers&#160;: tout le monde devient «&#160;main d&#8217;&#339;uvre&#160;» potentielle, entrainant un nivellement par le bas des compétences&#160;;</li><li>Le transfert des droits de propriété intellectuelle: droits d&#8217;auteur, quid si un brevet est déposé?</li><li>L&#8217;impact fiscal (si l&#8217;on travailleur indépendant, contournement de la TVA&#8230;)</li></ul><p>Sans compter la qualité du travail fourni&#160;: rien ne prouve qu&#8217;au final les entreprises recourrant à ce mécanisme ne devront pas «&#160;repasser derrière&#160;» le travail fourni, réduisant pour elles l&#8217;intérêt économique (mais qui peut constituer un objet de régulation du principe de crowdsourcing).</p><p>L&#8217;entraide communautaire est un puissant outil (les exemples présents sur Mashable sont probants&#160;!), mais attention aux individus de ne pas dévoyer la «&#160;beauté&#160;» du système et de l&#8217;esprit qui l&#8217;anime, et d&#8217;engendrer des conséquences réelles sur leur propre vie à terme.</p><p><em>PS</em>: <em>Merci à Catherine Ramus pour son aide et ses conseils.</em></p><p>Article rédigé par <a href="http://www.stanetdam.com"><strong>Damien Douani</strong></a> pour <a href="http://fr.mashable.com/2008/01/13/mashable-open-week/">Mashable Open Week</a></p> Tue, 29 Jan 2008 04:48:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14322/le-%C2%AB-crowdsourcing-%C2%BB-la-communaut%C3%A9-des-b%C3%A9n%C3%A9voles-du-quotidien /blog/entry/14322/le-%C2%AB-crowdsourcing-%C2%BB-la-communaut%C3%A9-des-b%C3%A9n%C3%A9voles-du-quotidien periodic table <p><a href="http://azuregrackle.com/periodictable/table/">http://azuregrackle.com/periodictable/table/</a></p> Tue, 29 Jan 2008 03:45:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14311/periodic-table- /blog/entry/14311/periodic-table- Téléchargement gratuit et légal <h1><a href="http://fr.techcrunch.com/2008/01/28/avec-qtraxtelechargez-de-la-musique-gratuitement-et-legalement-enfin/" rel="bookmark">Avec Qtrax, téléchargez de la musique gratuitement et legalement; Enfin !</a></h1><h2>Rédigé par <a href="http://fr.techcrunch.com/a-propos-de-techcrunch-france/">Michael Arrington (adaptation: Ouriel Ohayon)</a></h2><div><p><a href="http://www.qtrax.com"><img alt="" src="http://www.techcrunch.com/wp-content/qtrax.jpg" /></a></p><p>Je sais je me répète mais je le redis quand même: l&#8217;ère des téléchargements de musique payante touche à sa fin. (malgré <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/01/26/les-ventes-mondiales-de-musique-numerique-en-hausse-de-40-mais-une-baisse-de-10-pour-lensemble-de-la-musique/">la hausse des ventes</a> de musique en ligne)</p><p><a href="http://qtrax.com/">Qtrax</a> qui a signé avec les quatre grands labels (EMI, SonyBMG, Universal Music Group and Warner Music Group) a <a href="http://www.alleyinsider.com/2008/01/legal-p2p-music-service-qtrax-finally-up-not-ipod-compatible.html">été lancé hier</a> avec 25 millions de morceaux (comparé aux 3 millions d&#8217;Amazon et 6 millions pour iTunes)</p><p>Ce n&#8217;est pas le site le plus esthétique, les morceaux téléchargés ne sont pas compatibles avec l&#8217;iPod et doivent être lus via un lecteur de la plateforme <a href="http://fr.techcrunch.com/wp-admin/crunchbase">SongBird</a> et des publicités apparaissent durant la lecture. Le service n&#8217;est compatible pour l&#8217;instant qu&#8217;avec windows. Pas de version Mac. Et le service risque de tomber régulièrement avec toute l&#8217;attention qu&#8217;il suscite.</p><p>Pour la plupart des gens, bittorrent et les <a href="http://www.techcrunch.com/2007/11/28/music-search-engines-tread-fine-legal-line/">moteurs de recherche</a> de musique sont suffisant pour télécharger de la musique illégalement. de plus des services comme Imeem et Last.fm offre de la musique à la demande avec de la publicité; la compétition est donc bien présente pour Qtrax.</p><p>Mais la tendance est claire, les labels abandonnent les DRM et sont prêts à expérimenter des téléchargements avec de la publicité intégrée. Quand ils abandonneront ce modèle de publicité et comprendront que la musique enregistrée n&#8217;est qu&#8217;un aspect collatéral d&#8217;autres formes de revenus comme les concerts Live, nous aurons vraiment avancé. Mais il faudra sans doute qu&#8217;un des gros labels <a href="http://www.huffingtonpost.com/2008/01/15/emi-to-eliminate-onethir_n_81541.html">fasse faillite</a> avant, pour que tout le monde comprenne.</p><p><strong>Mise a jour</strong>: Suite a de nombreux mails reçus, il semble que Qtrax n&#8217;a pas signé avec les quatre grands labels; selon <a href="http://www.alleyinsider.com/2008/01/warner-were-not-working-with-free-music-service-qtrax-wmg.html">Silicon Alley Insider</a> , trois grands labels ne participent pas à cette entreprise. Nous attendons d&#8217;en savoir plus afin de déterminer s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une &#8220;fraude&#8221; de la part de Qtrax</p></div> Mon, 28 Jan 2008 05:27:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14158/t%C3%A9l%C3%A9chargement-gratuit-et-l%C3%A9gal /blog/entry/14158/t%C3%A9l%C3%A9chargement-gratuit-et-l%C3%A9gal <p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/rapport-ces-2008/">Compte rendu du CES 2008</a></p> Mon, 28 Jan 2008 05:16:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14157/ /blog/entry/14157/ <p> <span class="wrappedobject"> <script type="text/javascript"><!-- document.write(" \n\n <object width=\"425\" height=\"355\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/vHV5ukFL0NU&rel=1\"><\/param><param name=\"wmode\" value=\"transparent\"><\/param><embed src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/vHV5ukFL0NU&rel=1\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" wmode=\"transparent\" width=\"425\" height=\"355\"><\/embed><\/object> "); //--></script></span> </p> Mon, 28 Jan 2008 04:04:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14153/ /blog/entry/14153/ <p>&#160;</p><p><a href="http://www.seeqpod.com">www.seeqpod.com</a></p> Mon, 28 Jan 2008 03:57:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14151/ /blog/entry/14151/ Ce qui va arriver sur internet en 2008 <h3>Ce qui va arriver sur Internet en 2008 (sûr et certain)</h3><p>par <a href="http://www.ecrans.fr/_Astrid-Girardeau_.html">Astrid Girardeau</a></p><p>tags : <a href="http://www.ecrans.fr/+-musique-+.html">musique</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-p2p-+.html">p2p</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-telechargement-+.html">téléchargement</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-insolite-+.html">insolite</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-economie-+.html">économie</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-microsoft-+.html">microsoft</a>, <a href="http://www.ecrans.fr/+-iphone-+.html">iphone</a></p><p><img alt="" height="299" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH299/arton2635-a7d4b.jpg" width="450" /></p><p>DR</p><p><span id="intelliTXT">Fin des DRM, explosion du sans-fil, lancement d&#8217;un iPhone 3G, depuis deux semaines, les prévisions pour 2008 (voire plus tard) vont bon train sur les sites et blogs technologiques. De la Magic 8 Ball aux futurologues, chacun y va de sa source et de son traitement (plus ou moins sérieux). Devant la variété des thèmes et des styles, nous avons préféré en faire le tour <em>via</em> une petite revue de web.</span></p><h3>«&#160;Apple va lancer un iPhone 3G&#160;»</h3><p>Sur son blog, le créateur de Digg, <a href="http://kevinrose.com/post/22369711">Kevin Rose</a>, livre ses dix prévisions technologiques pour 2008 dont&#160;: <em>«&#160;Apple va lancer un iPhone 3G doté d&#8217;un processeur broadcom&#160;»</em>, <em>«&#160;Le web sémantique ne décollera pas en 2008&#160;»</em>, <em>«&#160;Plus de sites vont adopter OpenID, mais seulement les geeks vont le remarquer&#160;»</em>, et <em>«&#160;Ma famille ne comprendra, ni n&#8217;utilisera toujours pas le RSS.&#160;»</em></p><h3>«&#160;Etsy, Twitter, Dopplr&#160;»</h3><p>Bobbie Johnson, dans le <em><a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2007/dec/24/facebook.socialnetworking">Guardian</a></em>, s&#8217;est penché sur les réseaux sociaux. Selon lui, le succès de Facebook a été pour beaucoup l&#8217;événement 2007, et les investisseurs vont donc naturellement chercher le nouveau Facebook. Il présente ainsi ses cinq nouveaux sites de réseau social favoris pour 2008&#160;: <a href="http://www.etsy.com/">Etsy</a>, <a href="http://www.twitter.com">Twitter</a>, <a href="http://www.dopplr.com">Dopplr</a>, <a href="http://www.moshimonsters.com/">Moshimonsters</a> et un certain <a href="http://www.seesmic.com/">Seesmic</a>.</p><p><img alt="" height="256" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH256/moshimonster-1ca0a.jpg" width="450" /> Moshi monsters, réseau social pour enfants prometteur selon Bobbie Johnson (<em>Guardian</em>) - DR</p><h3>«&#160;Pas Plus d&#8217;un Portable par Adulte&#160;»</h3><p>Dans <em><a href="http://www.wired.com/culture/lifestyle/commentary/alttext/2007/12/alttext_1226">Breasts, Violas and Tulips&#160;: Alt Predictions for 2008</a></em>, Lore Sjöberg table également sur de nombreuses imitations du jeu <em>Rock Band</em>, et imagine un jeu <em>Philharmonic Orchestra</em> avec des contrôleurs pour au moins trente instruments. Aussi, dans la lignée du projet <em>Un Portable Par Enfant</em> (OPLC), il rêve d&#8217;une initiative «&#160;Pas Plus d&#8217;un Portable par Adulte&#160;», où <em>«&#160;les adultes en possession de plus d&#8217;un ordinateur portable, un mobile, un lecteur MP3 ou une console de jeux vidéo portable, verront l&#8217;objet en trop pris de force et vendu pour ramasser des fonds pour la vaccination d&#8217;enfants orphelins.&#160;»</em></p><h3>«&#160;L&#8217;année du périphérique&#160;»</h3><p>Les journalistes d&#8217;Ars technica se sont également livrés chacun <a href="http://arstechnica.com/articles/culture/looking-back-looking-forwards.ars/2">au jeu des prédictions</a>. Pour Jon Stokes, 2008 sera <em>«&#160;l&#8217;année où on revit 1998&#160;»</em>. Comme l&#8217;ordinateur est passé du modem au haut débit, le portable va connaitre sa mue technologique <em>via</em> la 3G et le Wimax, mais aussi des nouvelles capacités de stockage, des écrans plus grands, etc. Ben Kuchera, journaliste jeux vidéo, voit lui 2008 comme <em>l&#8217;année du périphérique</em>. Selon lui, le succès de la Wii, de <em>Guitar Hero 3</em> ou de <em>Rock Band</em> &#8212; <em>«&#160;qui a prouvé que vous pouvez vendre un jeu à 170 $ avec trois faux instruments emballés&#160;»</em> &#8212; devraient susciter le développement de nouveaux instruments de musique, contrôleurs et autres capteurs de mouvement. Pour Jacqui Cheng, <em>«&#160;si l&#8217;iPhone n&#8217;est pas parfait, il a changé la donne dans la manière dont on interagit avec les services de notre portable&#160;»</em>, et il devrait marquer 2008 avec la mise en ligne de nouvelles versions. Enfin, pour Eric Bangeman, ça sera l&#8217;année du réseau sans-fil avec le 3G, le Wimax, et la mise aux enchères, le 24 janvier 2007, par le régulateur américain des télécoms (la Federal Communications Commission), de la bande de fréquences 700Mhz, pour laquelle Google a montré un grand intérêt.</p><p><img alt="" height="209" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH209/rockband-1d05c.jpg" width="450" /> <em>La guitare du jeu &#8220;Rock Band&#8221; devrait faire des petits</em> - DR</p><h3>«&#160;BitTorrent, Fon, et LinkedIn&#160;»</h3><p>Dans <em>Wired</em>, Julie Sloane fait le <a href="http://www.wired.com/techbiz/startups/news/2007/12/YE_10_startups">Top des 10 start-ups à surveiller en 2008</a>. Selon elle, <em>«&#160;c&#8217;est une assez bonne période pour lancer une entreprise&#160;»</em> avec un marché <em>«&#160;aussi mousseux que la bulle d&#8217;Internet&#160;»</em> grâce à la <em>«&#160;naissance d&#8217;une nouvelle génération d&#8217;investisseurs providentiels et de sociétés de capital-risque&#160;»</em>. Elle a donc sélectionné ce qu&#8217;elle estime comme les dix jeunes pousses les plus prometteuses. Certaines sont déjà bien connues (<a href="http://www.bittorrent.com/">BitTorrent</a>, <a href="http://www.fon.com/">Fon</a>, <a href="http://www.linkedin.com/">LinkedIn</a>, <a href="http://www.spock.com/">Spock</a>), d&#8217;autres moins tels <a href="http://www.23andme.com/">23andMe</a>, <a href="http://www.37signals.com/">37Signals</a>, <a href="http://www.admob.com/">AdMob</a>, <a href="http://www.dash.net/">Dash</a>, <a href="http://www.powerset.com/">Powerset</a> et <a href="http://www.slide.com/">Slide</a>.</p><h3>«&#160;The web to go&#160;»</h3><p>La BBC, fournit <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/7147804.stm">une liste de cinq technologies qui, selon elle, devraient s&#8217;imposer en 2008</a> dont&#160;:<br /> - <em>The web to go</em>, soit le développement d&#8217;applications web pouvant être utilisées <em>offline</em> tels Gears de Google, Air d&#8217;Adobe ou Silverlight de Microsoft.<br /> - Les PC Ultramobiles, ces machines, entre PDA et portable, pas chères (moins de 200 euros), légères (moins d&#8217;un kilo), utilisant la mémoire Flash, et tournant sous Linux.<br /> - la VoIP mobile, une technologie permettant de téléphoner pour pas cher <em>via</em> Internet. qui <em>«&#160;devrait s&#8217;envoler en 2008&#160;»</em>.<br /> - le Wimax en Europe. Cette technologie sans fil, qui peut fournir du haut débit sur des longues distances, est déjà utilisée aux Etats-Unis ou au Nigéria, mais n&#8217;a pas encore convaincu l&#8217;Europe.<br /> - la IPTV au Royaume-Uni. La BBC prévoit une rapide augmentation des services sur portable, et principalement de la télévision (IPTV), grâce aux débits de plus en plus rapides.</p><h3>«&#160;Au revoir à Napster&#160;»</h3><p><a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2008/jan/04/comment.internet">En regardant dans sa boule de cristal</a>, Charles Arthure a notamment vu que&#160;:<br /> - la question de l&#8217;énergie va compter de plus en plus en 2008.<br /> - Microsoft va envisager à se séparer en deux sociétés, une pour les systèmes, l&#8217;autre pour les applications.<br /> - Apple va proposer cinq mises à jour de son nouveau système Leopard, donc à la fin de la fin, ça vaudra peut-être le coup de l&#8217;utiliser.<br /> - Le spam essaiera d&#8217;envahir les micro-systèmes comme Twitter.<br /> - On dira au revoir à Napster, qui peut être vendu, mais aussi mourir paisiblement.<br /> - Microsoft va se réveiller et dire à Universal &#8212; qui actuellement récupère 1 dollar pour chaque Zune vendu &#8212; que c&#8217;est bon maintenant.</p><p><img alt="" height="265" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH265/spam-2-3bd8a.jpg" width="450" /> <em>«&#160;Le spam essaiera d&#8217;envahir les micro-systèmes comme Twitter&#160;» selon Charles Arthure</em> - DR</p><h3>«&#160;La pénétration du haut débit&#160;»</h3><p><em>Rien sauf Internet</em>, c&#8217;est le titre du rapport de 312 pages des analystes de JPMorgan-&gt;http://www.jpmorgan.com], décrit par <a href="http://www.techcrunch.com/2008/01/02/jpmorgan-predicts-2008-will-be-nothing-but-net/">TechCrunch</a>, qui, à coup de graphiques, explique s&#8217;attendre, entre autres, à&#160;:<br /> - Une croissance de 34% des actions d&#8217;Internet en 2008<br /> - Un accroissement de la pénétration du haut débit, et donc des revenus du commerce électronique.<br /> - Le cash-flow libre des grosses entreprises d&#8217;Internet va continuer à couler, alimentant fusions, acquisitions et rachats d&#8217;actions. Rien que pour les cinq principales entreprises (Google, Yahoo, Amazon, eBay et Expedia), il devrait atteindre 12,5 milliards de dollars en 2008. Ce qui fait beaucoup d&#8217;argent sur le marché, surtout quand on sait que Google ou Yahoo dépensent chacun un tiers de leur cash-flow en acquisitions.<br /> - La publicité liée à la recherche va continuer à dominer, et atteindre 30,5 milliards en 2008 rien qu&#8217;aux Etats-Unis.<br /> - Comme le PIB mondial continue d&#8217;augmenter plus rapidement que le PIB des États-Unis, les entreprises de l&#8217;Internet ayant une portée mondiale (Amazon, eBay, Google, etc.) en profiteront.</p><h3>«&#160;Les putains de DRM sur la musique vont enfin crever&#160;»</h3><p>Sur Tapahont.info, Richard Malterre se transforme en <em><a href="http://www.tapahont.info/2007/12/27/nostradamus-20-et-oui-moi-aussi-je-vois-lavenir/">Nostradamus 2.0</a></em> et livre sa vision du web pour 2008 en une vingtaine de points dont&#160;: <em>«&#160;Les putains de DRM sur la musique vont enfin crever&#160;»</em>, <em>«&#160;Les producteurs de contenus vont revenir sur le devant de la scène&#160;»</em>, <em>«&#160;Les majors du cinéma ne vont toujours pas comprendre les erreurs du passé&#160;»</em>, <em>«&#160;YouTube va enfin proposer une qualité d&#8217;encodage honnête&#160;»</em> ou encore <em>«&#160;La TV sur mobile ne marchera toujours pas&#160;»</em> , <em>«&#160;La TNT HD non plus&#160;»</em>.</p><h3>«&#160;Le surf va s&#8217;ouvrir&#160;»</h3><p><a href="http://www.economist.com/science/displaystory.cfm?story_id=10410912">The Economist</a> exprime ses trois peurs technologiques pour 2008&#160;:<br /> Le surf va ralentir. Avec quasi-certitude, le quotidien estime que 2008 sera l&#8217;année où on va cesser de prendre l&#8217;accès à l&#8217;Internet pour acquis.<br /> Le surf va se détacher, avec la diffusion d&#8217;Internet sur mobile poussée par Google.<br /> Le surf &#8212; et tout ce qui concerne l&#8217;informatique &#8212; va s&#8217;ouvrir. <em>«&#160;Réjouissez-vous&#160;: l&#8217;ouverture va embrasser les entreprises qui ont grandi fermées&#160;»</em> annonce le journal, qui estime que Linux va se développer et <em>«&#160;Verizon ne va pas être le seul à accepter à contre-coeur l&#8217;inévitable.&#160;»</em></p><h3>«&#160;L&#8217;augmentation d&#8217;entreprises du net basées sur le fait-main&#160;»</h3><p>De son côté, James Harkin a fait un tour des futurologistes, et <a href="http://www.guardian.co.uk/g2/story/0,,2229074,00.html">rassemblé un certain nombre de leurs prévisions</a> dont<br /> - la montée des réseaux sociaux, qui devraient, cette année, <em>«&#160;cesser d&#8217;être l&#8217;apanage des jeunes&#160;»</em> et voir l&#8217;apparition des silvers-surfers (internautes de plus de 55 ans).<br /> - le concept de «&#160;vicaire de consommation&#160;» (inventé il y a cent ans pour décrire le frisson des riches quand ils achetaient un joli nouvel uniforme à leur majordome) qui fait un retour <em>via</em> <em>«&#160;les comptes-rendu, un moyen par lequel nous pouvons presque tout expérimenter à travers les yeux (et parfois les oreilles) de ceux qu&#8217;ils l&#8217;ont vécu.&#160;»</em> Avec l&#8217;essor des blogs et des sites de partage de vidéos comme YouTube, les gens souhaiteraient désormais acquérir de nouvelles compétences non pas par des professionnels, mais par leurs semblables.<br /> - l&#8217;augmentation d&#8217;entreprises du net basées sur le fait-main et le traditionnel, tel <a href="http://www.netgranny.ch">Netgranny</a>, un collectif suisse de quinze grands-mères qui tricotent à la demande, et surtout <a href="http://www.ecrans.fr/http:://www.esty.com">Etsy</a> , un site de vente en ligne de produits faits-main créé en 2005, qui enregistre 26&#160;000 vendeurs et un million de produits vendus.</p><p><img alt="" height="267" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH267/netgranny-61ed0.jpg" width="450" /> <em>Des grands-mères tricoteuses du site Netgranny</em> - DR</p><h3>«&#160;La Bretagne est déclarée numériquement libre&#160;»</h3><p>Sur le blog «&#160;Bittent by a Bug&#160;», My a fait <a href="http://crushofthemonth.typepad.fr/a/2007/12/exclusif-mes-pr.html">sa liste de prévisions un peu loufoques</a> pour les prochaines années à venir dont voici quelques extraits&#160;:<br /> - <em>«&#160;2009, LinkedIn ouvre le premier espace recrutement basé sur l&#8217;expérience et les résultats au Texas Hold&#8217;em Poker&#160;»</em><br /> - <em>«&#160;Instauration de l&#8217;IP et de l&#8217;adresse email uniques qui vous suivent toute votre vie. Marquage systématique de tout envoi, visite de site, téléchargement d&#8217;une signature d&#8217;immatriculation. Vague de protestation des bretons revendiquant une immatriculation régionale. La Bretagne est déclarée numériquement libre. Début des émeutes au Québec.&#160;»</em><br /> - <em>«&#160;novembre 2009&#160;: la Suisse déclare l&#8217;instauration de l&#8217;Etat de Net Neutrality&#160;: proxy à numéro non divulgable, recyclage de black mail et blanchiment de pages internet. En quelques mois elle devient la plaque tournante du contenu à intérêt.&#160;»</em><br /> - <em>«&#160;avril 2008, fin des DRM.&#160;»</em><br /> - <em>«&#160;mai 2008, Instauration du TULA Temps d&#8217;Utilisation Limite Artistique. Toute production artistique en général et musicale en particulier, est désormais vendue avec une date limite d&#8217;utilisation. Passée cette date, elle est remplacée par l&#8217;hymne national du pays où a été effectué l&#8217;achat.&#160;»</em><br /> - <em>«&#160;octobre 2013&#160;: Le terme &#8220;être humain&#8221; est remplacé par &#8220;intelligence artificielle artificielle&#8221; afin de ne pas porter atteinte à l&#8217;intégrité de la communauté des avatars.&#160;»</em>&#160;»</p><p>A lire également les <em><a href="http://battellemedia.com/archives/004172.php">Predictions 2008</a></em> de John Battelle, <em><a href="http://www.pcworld.com/article/id,141010/article.html">What Will&#8212;And Won&#8217;t&#8212;Happen in 2008</a></em> les prévisions à la boule Magic 8 Ball de <em>PC World</em>, <em><a href="http://www.theinquirer.fr/2007/12/29/nos_dix_meilleures_predictions_pour_2008.html">Nos dix meilleures prédictions pour 2008</a></em> par <em>The Inquirer</em>, etc. D&#8217;autres ont joué la carte des résolutions, c&#8217;est le cas du chroniqueur <a href="http://www.wired.com/techbiz/people/magazine/16-01/pl_brown">Scott Brown</a> <em>(Wired</em>) qui livre ses propres résolutions, et celui d&#8217;Erick Schonfeld qui, lui, <a href="http://www.techcrunch.com/2008/01/04/new-years-tech-resolutions/">suggère des résolutions</a> à Apple, Google, Facebook, etc.</p> Mon, 28 Jan 2008 03:14:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14145/ce-qui-va-arriver-sur-internet-en-2008 /blog/entry/14145/ce-qui-va-arriver-sur-internet-en-2008 <h3>Monopoly&#160;: Une deuxième chance pour Montcuq&#160;?</h3><p>par <a href="http://www.ecrans.fr/_Astrid-Girardeau_.html">Astrid Girardeau</a></p><p>tag : <a href="http://www.ecrans.fr/+-insolite-+.html">insolite</a></p><p><img alt="" height="292" src="http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH292/arton3087-d36c5.jpg" width="450" /></p><p>Après s&#8217;être inscrit, il est possible de voter pour dix villes différentes par jour. Au hasard, Montcuq. - DR</p><p><span id="intelliTXT">Montcuq a une nouvelle chance de figurer dans les villes du Monopoly. On se souvient des <a href="http://www.ecrans.fr/Le-nouveau-Monopoly-ne-passera-pas,2541.html">déboires, en novembre</a> dernier, du célèbre village immortalisé par un sketch de Daniel Prévost, lors du vote public pour désigner la ville qui remplacerait la rue de Paix sur la version française du jeu. Bien qu&#8217;étant arrivée première du classement, Montcuq s&#8217;est vu débarquée et remplacée par Dunkerque, Hasbro, la société éditrice du jeu, estimant que ça ferait un peu désordre d&#8217;avoir Montcuq sur son plateau. Mais pour répondre à <em>«&#160;l&#8217;humour des blogueurs&#160;»</em> et à l&#8217;indignation du maire du village, ils proposaient en contre-partie une version du jeu spécial Montcuq.</span></p><p>Pourraient-ils s&#8217;opposer au choix du public une seconde fois&#160;? Cette question cruciale se pose alors qu&#8217;Hasbro vient de lancer <a href="http://www.hasbro.com/games/kid-games/monopoly/">un nouveau vote</a> pour désigner dix nouvelles villes pour sa version mondiale. Après s&#8217;être inscrit, il est possible de voter pour dix villes différentes par jour. Ils ont cependant bloqué un peu le système car le vote se fait dans une pré-sélection de soixante-huit villes. Si on veut choisir une autre ville, au hasard Montcuq, elle participe alors au vote de «&#160;ville joker&#160;», dont deux figureront sur le plateau. On peut voter dès aujourd&#8217;hui pour sa ville joker, puis à partir du 29 février ils vont retenir les vingt premières et les soumettre à un nouveau vote pour élire les deux gagnantes.</p><p><strong>Mise à jour 25/01/2008 11:15&#160;:</strong> Apparemment, Montcuq aurait disparu de la liste des «&#160;villes joker&#160;». Selon un témoignage, elle était pourtant monté en quatrième position du classement. L&#8217;éditeur de jeu a-t-il eu peur de revivre le vote précédent&#160;? Sans doute. Mais rien n&#8217;est pourtant résolu&#160;: les Français ne pouvant voter pour Montcuq se sont mis à voter massivement pour Montcul, <a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;time=&amp;date=&amp;ttype=&amp;q=montcul+france&amp;sll=44.338583,1.210213&amp;sspn=0.150278,0.294228&amp;ie=UTF8&amp;ll=45.71263,5.12906&amp;spn=0.004585,0.009195&amp;t=h&amp;z=17&amp;iwloc=addr&amp;om=0">un petit village de Rhône-Alpes</a>. Qui est à l&#8217;heure actuelle à <a href="http://www.monopolyworldvote.com/fr_FR/world/leaders">la 14e place du classement mondial des «&#160;villes jocker&#160;»</a></p><p>http://www.ecrans.fr/Monopoly-Une-deuxieme-chance-pour,3087.html</p><p>&#160;</p> Mon, 28 Jan 2008 03:08:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14143/ /blog/entry/14143/ Blog <p><span id="intelliTXT">Les <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000041/index.shtml">316 propositions du rapport Attali</a> pour <em>«&#160;libérer la croissance&#160;»</em> remis en milieu de semaine au président de la République ont déjà fait couler beaucoup d&#8217;encre et provoqué une belle levée de boucliers des lobbys en tous genres. Mais s&#8217;il est un constat qui nourrit peu de polémiques et met à peu près tout le monde d&#8217;accord, c&#8217;est bien celui que ce 1% de croissance supplémentaire ne pourra pas être atteint sans une conversion massive de la France aux nouvelles technologies. Voilà pourquoi le numérique se taille la part du lion au chapitre <em>«&#160;les révolutions à ne pas manquer&#160;»</em>. Le constat dressé par la commission dans ce domaine n&#8217;est guère brillant&#160;: malgré quelques succès, la France n&#8217;arrive qu&#8217;au 14e rang des pays de l&#8217;Union européenne pour l&#8217;accès des ménages à internet.</span></p><p><em>«&#160;Elle n&#8217;a plus aucun acteur significatif dans le logiciel, ni dans la fabrication d&#8217;ordinateurs, de serveurs et d&#8217;équipements annexes, (...) et presque aucun acteur de taille mondiale dans les industries d&#8217;internet&#160;»</em> est-il écrit. Pour remédier à cette situation, le rapport préconise plusieurs pistes que l&#8217;on peut résumer en trois points&#160;: développement des infractructures, accroissement de l&#8217;usage des nouvelles technologies, notamment dans l&#8217;administration et mise en place d&#8217;incitations pour de nouveaux secteurs émergeants comme celui du logiciel libre.</p><p>En premier lieu donc, il s&#8217;agit d&#8217;accélérer le déploiement des infrastructures dans une nouvelle version des <em>«&#160;grands travaux&#160;»</em> à la mode Internet. La commission se fixe l&#8217;objectif de parvenir à l&#8217;horizon 2011 à <em>«&#160;garantir une couverture numérique optimale&#160;»</em> sur le territoire. Autrement dit, à permettre l&#8217;accès de tous au bouquet de services offerts par la TNT et les accès internet haut débit. Une première étape puisque dès 2016, on passera au très haut débit pour tous... Jacques Attali souhaite aussi <em>«&#160;le partage du dividende numérique&#160;»</em> lors de la libération de fréquences hertziennes en 2011 pour cause de passage au tout numérique dans la télévision. Le rapport insiste sur le fait que la révolution du numérique ne peut s&#8217;effectuer sans <em>«&#160;sécurité juridique et matérielle&#160;»</em>. A cet égard, il déplore le peu de <em>«&#160;gendarmes du numérique&#160;»</em> présents en France et souhaite étendre et faciliter l&#8217;usage &#8211; encore très réduit - de la signature électronique. Pour accompagner cette révolution, il faut également mieux équiper les ménages en ordinateurs et les former. C&#8217;est pourquoi la commission propose que les élèves de 5e passent un brevet informatique de maîtrise des TIC inclus dans la scolarité.</p><p>Le secteur du logiciel et son renforcement figurent dans les priorités de la Commission Attali. <em>«&#160;Dans l&#8217;univers de l&#8217;interconnectivité généralisée, la valeur migre de l&#8217;exploitation des infrastructures de réseau, métier traditionnel de l&#8217;opérateur de télécommunications, vers les logiciels de traitement de l&#8217;information échangée&#160;»</em>, introduit le rapport, qui rappelle que, <em>«&#160;en France, ce secteur concerne 2500 PME innovantes dans un marché dominé très largement par l&#8217;industrie américaine (14 éditeurs américains et un allemand dans les 15 premiers mondiaux)&#160;»</em>. La décision 58 préconise ainsi de promouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels «&#160;libres&#160;» dont le gain en termes d&#8217;économie est de 36% en moyenne par rapport à un logiciel commercial, note le rapport. La part de marché de l&#8217;open-source n&#8217;est aujourd&#8217;hui que de 2% (avec une croissance annuelle de 40&#160;%) contre 98&#160;% pour les logiciels dits «&#160;propriétaires&#160;».</p><p>Le numérique est également une industrie de contenus et à ce sujet, le rapport propose une vision diamétralement opposée à celle de la <a href="http://www.ecrans.fr/A-l-abordage-du-piratage,2660.html">commission Olivenne</a>s sur la question du téléchargement. Plutôt que de continuer à explorer de fastidieux mécanismes de contrôles des échanges susceptibles de devenir obsolètes du jour au lendemain dès lors qu&#8217;une innovation de rupture technologique viendra les balayer, la commission propose de réintroduire un mécanisme de licence globale. Il ne dit pas directement que le téléchargement sur les sites P2P doit être légalisé mais qu&#8217;il s&#8217;agit de responsabiliser contractuellement l&#8217;internaute et les fournisseurs d&#8217;accès &#8211; c&#8217;est à dire sans répression &#8211; et de faire payer à ces derniers une contribution servant à <em>«&#160;la rémunération juste des artistes&#160;»</em>. Rien n&#8217;empêcherait non plus de la répercuter aux usagers.</p><p>Tous ces leviers ne peuvent être activés que si une réelle stratégie d&#8217;Etat &#8211; invité à accélérer fortement dans sa réforme e-adminstrative - est mise en place. Elle passe par la création d&#8217;un poste de haut-commissaire au développement du numérique, placé auprès du Premier ministre, une mesure réclamée par de nombreuses associations du secteur. La réussite de cette stratégie ne peut pas non plus se passer d&#8217;une harmonisation Européenne. La France doit donc utiliser sa présidence de l&#8217;UE à partir du mois de juillet prochain pour être moteur et proposer un vaste programme du développement du numérique en Europe&#160;: standard de la 4G (avec une quatrième licence en France), passage à l&#8217;IPV6, développement des services de géolocalisation, de m-commerce, soutien au DVB-H, la norme de diffusion de la télévision mobile, etc. En somme beaucoup de volontarisme, quelques bonnes idées mais un certain flou sur les moyens de financer cette gigantesque mise à la page numérique de l&#8217;hexagone à l&#8217;image de ce qui se fait dans les pays scandinaves, sans doute la région la plus «&#160;internetisée&#160;» de la planète.</p><p>http://www.ecrans.fr/Les-TIC-d-Attali,3104.html</p> Sun, 27 Jan 2008 09:51:00 -0600 http://www.sorbonnecommunication.net/blog/entry/14029/blog /blog/entry/14029/blog